Laissez-moi vous raconter une histoire que vous connaissez déjà, mais peut-être pas de cette façon.
Le peuple d'Israël avait été libéré de l'esclavage. Ils avaient traversé la mer. Ils avaient été témoins de miracles. Puis Moïse monta sur la montagne et n'en revint pas.
Les jours passèrent. Puis les semaines.
Et le peuple fut saisi de peur.
Non seulement de peur de mourir dans le désert, mais aussi de peur que Dieu lui-même ne se soit tu.
Et quand Dieu semble absent, les gens ne cessent généralement pas de croire.
Ils se mettent à agir.
Ils se disent : « Nous devons agir. Nous devons arranger cela. Nous devons aider Dieu. »
Alors ils allèrent trouver Aaron.
Et Aaron leur dit quelque chose de choquant :
« Apportez-moi votre or. »
Arrêtez-vous un instant. Vraiment.
L'or n'est pas qu'un simple métal. L'or, c'est la sécurité. L'or, c'est le statut social. L'or, c'est ce à quoi les gens s'accrochent quand tout le reste est incertain. On ruine des familles pour lui. On trahit ses voisins pour lui. On oublie Dieu pour lui.
Et pourtant, les voilà.
Ils ôtent leurs bijoux. Ils vident leurs poches. Ils abandonnent tout.
Ce n'est pas de l'avidité.
C'est du désespoir déguisé en dévotion.
Ils disent : « Regardez ce que nous sommes prêts à donner ! Dieu doit sûrement intervenir maintenant. »
Et c'est là que le danger commence.
Car le problème n'est pas qu'ils aimaient trop l'or.
Le problème, c'est qu'ils croyaient que leur sacrifice pouvait forcer la main de Dieu.
Quand le veau fut transformé, ils se réjouirent. Ils se sentirent soulagés. Ils se sentirent fiers. Ils se sentirent justes. Ils se sentirent supérieurs à ceux qui n'avaient pas participé.
Mais ce qu'ils adoraient vraiment, ce n'était pas l'or.
Ils adoraient leur propre dévotion.
Ils avaient remplacé la confiance par le contrôle.
Ils avaient remplacé l'attente par la pression.
Ils avaient remplacé Dieu par une image façonnée par leur urgence.
Voici la vérité la plus difficile à accepter :
Vous pouvez tout donner
et pourtant chercher à contrôler Dieu.
Vous pouvez faire de grands sacrifices
et pourtant ne pas lui faire confiance du tout.
Ce jour-là, certains ne pouvaient pas donner d'or, non pas par piété, mais par pauvreté. Et étrangement, cette pauvreté les a protégés.
Ils n'avaient aucun sacrifice sur lequel s'appuyer.
Aucune offrande à présenter.
Aucune preuve à montrer à Dieu.
Tout ce qu'ils pouvaient faire, c'était attendre.
Et attendre, la vraie attente, n'est pas de la paresse.
Attendre, c'est dire :
« Dieu, si Tu viens, ce sera par Ta volonté.
Non pas parce que je l'ai mérité.
Non pas parce que je T'ai pressé.
Non pas parce que je T'ai forcé. »
Cette attente-là semble faible.
Pourtant, c'est la foi la plus forte qui soit.
Quand Moïse est descendu de la montagne, Dieu a proposé de tout recommencer. D'effacer le peuple et de bâtir quelque chose de plus pur, de meilleur, de plus simple.
Moïse a refusé.
Il a dit : « Si tu ne leur pardonnes pas, alors efface-moi aussi. »
Pourquoi a-t-il dit cela ?
Parce que le véritable amour n'abandonne pas les personnes brisées pour un résultat parfait.
Et la véritable foi ne fuit pas l'épreuve ; elle la traverse de part en part.
Mes amis, le Veau d'or n'est pas qu'une vieille histoire.
Chaque fois que nous disons :
« Si je prie davantage, Dieu m'exaucera. »
« Si je donne davantage, Dieu agira. »
« Si je souffre suffisamment, Dieu se dépêchera. »
— nous nous retrouvons au Sinaï.
Dieu n'est pas ému par la pression.
Dieu n'est pas acheté par le sacrifice.
Dieu n'est pas impressionné par l'urgence.
Dieu vient quand il vient — par miséricorde, non par contrainte.
Alors si aujourd'hui vous vous sentez démuni…
si vous avez l'impression de n'avoir rien d'impressionnant à offrir…
si tout ce que vous pouvez faire, c'est attendre…
N'ayez pas honte.
Vous êtes peut-être plus proche du vrai Dieu que vous ne le pensez.
Car la foi n'est pas le pouvoir de faire tomber Dieu.
La foi, c'est le courage d'attendre son retour.
C'est ce que signifiait l'épisode du veau d'or.