- Au commencement : pas de divorce.
- Le mariage = symbole de l’union indissoluble entre Dieu et l’humanité.
- Ainsi, le « divorce » n’a même pas sa place dans le dessein divin originel.
- Puis vient la dureté du cœur humain.
- Comme les cœurs humains sont sombres et grossiers, l’alliance conjugale est bafouée.
- S’il n’y avait aucune issue légale, un homme véritablement au cœur dur et meurtrier pourrait simplement « résoudre » son problème en tuant ou en maltraitant violemment sa femme.
- C’est pourquoi Jésus, par l’intermédiaire de Moïse, présente le divorce comme une concession exceptionnelle, un moindre mal destiné à prévenir des maux pires encore (comme le meurtre).
- Le problème : des personnes bien-pensantes et moralisatrices ont abusé de cette exception.
- La loi était conçue comme une « issue de secours » d’urgence pour les cas extrêmes (les agresseurs au cœur dur).
- Mais l’élite « vertueuse » l’adopte comme un outil normal et respectable : «Nous sommes des gens bien qui gérons correctement nos mariages ; la Loi le permet ; tout va bien pour nous. »
La question que Jésus leur pose :
« Vous prétendez donc être justes et ne pas être comme des meurtriers… pourtant vous utilisez allègrement une loi donnée précisément pour les meurtriers et les cruels. Admettez-vous donc que vous êtes l’un d’entre eux ? »
- Jésus sur la montagne : replacer le divorce dans sa véritable catégorie.
- Il dit : « C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse l’a permis, mais dès le commencement il n’en était pas ainsi. »
À ma lecture, il dit en substance :
« Que les véritables cœurs endurcis et les maltraitants recourent à cette loi d’exception si nécessaire, mais vous qui vous dites justes, vous n’avez pas à y toucher. »
- Puis cette parole difficile : « Quiconque divorce de sa femme… la pousse à commettre l’adultère, et quiconque épouse une femme divorcée commet l’adultère. »
- Interprétation courante : la femme divorcée et son nouveau partenaire sont des adultères ; le premier mari est coupable s’il se remarie, mais pas s’il reste célibataire.
- Mon objection :
- Cela ne correspond pas à la préoccupation de Jésus.
- Jésus met clairement en garde celui qui initie le divorce ; pourtant, l’interprétation dominante rejette la faute sur le nouveau couple.
- De plus, compte tenu du thème de « l’éjaculation », il est étrange de considérer le mari d’origine comme « pur » s’il reste célibataire : c’est lui qui est à l’origine de tout ce gâchis.
- Ma proposition de correction : le péché fondamental est de faire trébucher les autres.
- Lorsqu’un homme divorce de sa femme dans ce monde-là, elle est presque contrainte, pour survivre, de chercher un nouveau mari.
- La déclaration de Jésus selon laquelle elle et l’homme qu’elle épouse « commettent l’adultère » sert à souligner la gravité de l’acte de celui qui divorce :
- Il a poussé les autres à tomber dans l’adultère.
- Tout comme faire « trébucher les petits », il vaut mieux pour lui être jeté à la mer que de porter cette culpabilité.
- Intégrons maintenant la loi coranique relative au triple divorce.
- Trois divorces → définitif ; l’ex-épouse ne peut retourner auprès de son premier mari à moins qu’elle ne se remarie véritablement avec un autre homme et que ce second mariage prenne fin.
- À première vue, cela :
- protège la femme d’un cycle de maltraitance (« te reprendre / te rejeter / recommencer »),
- et décourage fortement les hommes de recourir au divorce à la légère.
- Pour la plupart des gens, ce raisonnement pragmatique suffit.
- Mais je dis que la logique spirituelle plus profonde s’aligne sur l’enseignement de Jésus :
- Celui qui divorce l’a amenée à devenir (potentiellement) une adultère.
- S’il souhaite la reprendre plus tard, il doit goûter à sa propre médecine :
- Comme elle est désormais elle-même divorcée, il « épouse alors une adultère » et devient lui-même adultère par son propre acte passé.
- Son statut juridique l’humilie et le dépouille de toute autosatisfaction.
- Humiliation → humilité → miséricorde. Il ne peut plus se vanter.
- Cette humiliation est une repentance concrète, vécue dans la chair et dans l’ordre social.
- Voici donc ma grande thèse :
- Le divorce est toujours néfaste pour celui qui divorce :
- S’il reste célibataire, il reste celui qui a fait trébucher les autres.
- S’il se remarie avec elle après qu’elle a été avec quelqu’un d’autre, il endosse lui-même la stigmatisation juridique/technique d’« adultère » et est rabaissé.
- La règle coranique, à mon sens, est une clarification de type midrash providentielle de la logique de Jésus :
- Elle concrétise le principe : tu as fait des autres des adultères, tu dois désormais accepter de porter toi-même ce stigmate si tu veux réparer le mal causé.
- Pour un public musulman, la logique plus profonde de Jésus est cachée mais toujours présente ; ceux qui cherchent à en savoir plus sont invités à se reporter aux Évangiles.
- Le divorce est toujours néfaste pour celui qui divorce :
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