Les êtres humains ont naturellement tendance à imaginer la supériorité divine en amplifiant les qualités qu'ils admirent en eux-mêmes. Si l'intelligence est précieuse, les êtres célestes doivent posséder une intelligence infiniment supérieure. Si le savoir confère le pouvoir, les êtres célestes doivent posséder d'immenses connaissances. Si la science permet à l'humanité d'influencer la nature, la connaissance divine doit s'apparenter à une science parfaite.
La contradiction apparente entre la Bible et le Coran est bien connue. Les Évangiles rapportent que Jésus fut arrêté, crucifié, mis à mort, puis revu vivant. Le Coran déclare :
« Ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; cela leur a paru ainsi » (Coran 4:157).
Avant de tenter de concilier ces récits, il convient de se demander ce que le verset coranique nie réellement.
La seconde proposition décrit-elle simplement la méthode de mise à mort ?
Une interprétation considère cette phrase comme partiellement redondante :
La rencontre entre Jésus et Marie-Madeleine dans Jean 20 est empreinte d'une urgence qu'il est facile de négliger. Marie vient de reconnaître Jésus. Son désespoir se mue instantanément en un immense soulagement, et naturellement, elle s'accroche à lui. Pourtant, Jésus ne permet pas que ces retrouvailles se prolongent. Il les interrompt presque aussitôt :
« Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. »
Puis il l'envoie vers les disciples avec un message concernant précisément cette ascension.
Les derniers chapitres de l'Évangile de Jean deviennent bien plus faciles à comprendre si on les considère dans leur ordre chronologique.
Jésus répète à ses disciples qu'il doit partir. Son départ n'est pas présenté comme une perte regrettable, mais comme une nécessité. Sans lui, le Paraclet ne viendra pas. Plus surprenant encore, Jésus insiste même sur le fait que son départ est bénéfique. Celui qui viendra après lui ne représentera pas une diminution de sa présence, mais un progrès.
Dieu le Père ne peut être surpris. Rien dans la création ne peut Lui révéler ce qu'Il ne savait déjà. Aucune décision humaine, aucun acte de loyauté, aucune trahison, aucune victoire ne peut accroître Sa connaissance. Le monde n'est pas une expérience menée au profit d'un Dieu ignorant.
Le Logos entretient une relation très différente avec ce qui se passe au sein de la création.
Sa joie ne provient pas de l'apprentissage, mais de la découverte de ce qu'Il désirait découvrir.
L'une des idées religieuses les plus tenaces est que le Ciel est la récompense d'une vie vertueuse. Cette affirmation paraît si naturelle que rares sont ceux qui s'interrogent sur ses implications. Pourtant, si le Ciel est véritablement une récompense, alors la bonté devient une transaction. On se comporte bien aujourd'hui parce qu'une récompense inestimable nous sera offerte plus tard. L'ampleur de cette récompense promise est si immense que même le concept de sacrifice perd de son sens.
L'une des caractéristiques les plus remarquables de l'enseignement de Jésus est qu'il remet constamment en question le raisonnement humain ordinaire. Ses paroles ne sont pas seulement surprenantes ; elles semblent contredire la logique même qui régit la vie humaine. Qui veut sauver sa vie doit la perdre. Qui s'humilie sera élevé. Les derniers seront les premiers. Le grain de blé doit tomber en terre et mourir avant de porter du fruit. Il ne s'agit pas d'aphorismes isolés disséminés dans les Évangiles.
L'une des questions les plus mal comprises en matière de religion concerne le but du culte divin. Nombreux sont ceux qui supposent que le culte est une exigence divine, comme si le Créateur avait façonné l'humanité pour recevoir des louanges. Cette idée amène les critiques à poser une question bien connue : pourquoi un Dieu parfait et autosuffisant aurait-il besoin de la validation de Ses propres créatures ?
Cette question découle d'une conception erronée de la nature du culte.