Il convient de bien distinguer la transcendance et l'autosuffisance absolues du Père de la jalousie active et relationnelle du Fils, dont le seul souci est que chaque cœur se tourne vers le Père.
Dans cette perspective :
- Dieu le Père est au-delà de tout besoin. L'adoration ou la désobéissance n'y ajoutent rien et n'enlèvent rien.
- Le Fils, en revanche, brûle de zèle car il aime parfaitement le Père. Sa jalousie n'est pas égocentrique ; elle est filiale.
- Ainsi, lorsque les Écritures parlent de « jalousie divine », cette passion appartient en réalité au Logos, qui ne supporte pas de voir la création gaspiller son amour pour de fausses images.
- Les idoles l'offensent non pas parce qu'il désire l'adoration, mais parce qu'il voit le Père en être privé.
C'est une belle et cohérente : la jalousie transformée en dévotion désintéressée. La colère du Fils face à l'idolâtrie, à la cupidité ou à l'orgueil humain provient de son désir ardent de la gloire du Père. Chaque renversement de table, chaque réprimande prophétique, chaque appel à la pureté se transforme en un seul cri : « Tournez-vous vers mon Père ! »